Orthographe standard  comalorale

L'autre façon d'écrire le français

Si tout s'écrit comme à l'oral, comment fait-on pour distinguer les mots qui se prononcent de la même façon ?
Et comment fait-on à l'oral ? C'est la plupart du temps le contexte, la place du mot dans la phrase qui permet de distinguer les homophones ; quand on entend "je bois un verre" on sait qu'il ne s'agit pas d'un ver de terre ni de la couleur verte
D'ailleurs, en orthographe standard, quand on lit "il y a une tâche d'huile" on comprend bien qu'il y a une faute d'orthographe ; c'est bien le contexte qui donne le sens, et pas l'orthographe

Pourquoi les sons ne s'écrivent-ils pas toujours de la même façon ?
Cela aurait le mérite de la simplicité, mais un des principes du comalorale est de conserver un "air de famille" avec l'orthographe standard. Une transcription "un son = un signe" oblige à truffer le texte de w, de z et de k, à multiplier les è y compris en fin de mot, et donne un texte qui ne fait pas français

Tout le monde ne prononce pas de la même façon, comment choisir ?
Le principe retenu est de prendre comme référence ce que le linguiste François Longchamp appelle le français 'standard' non-méridional, dont il donne cette définition : "Dans ce cadre, la moins mauvaise définition de 'standard' pourrait être : variété qui ne permet pas d'inférer d'informations sociolinguistiques sur le locuteur qui l'emploie (origine géographique, condition sociale, âge ...) (...) Ce français 'standard' est sans doute une fiction, mais utile."
En pratique, c'est le "français sans accent" qu'on entend à la télé ou à la radio. Les petits Toulousains prononcent "rose" avec le même o que "robe", mais ils entendent tous les jours à la télé des gens qui disent "rause". Ce n'est ni mieux ni plus mal, mais cette prononciation étant connue de l'immense majorité des francophones, c'est un bon point d'appui pour l'écriture

Pour la prononciation de référence, pourquoi ne pas se référer au dictionnaire ?
De fait les grands dictionnaires donnent généralement la prononciation des mots en Alphabet Phonétique International. On n'aurait donc qu'à passer de l'API à l'écriture par des règles simples. Mais cela pose plusieurs problèmes : d'abord, les dictionnaires ne sont pas toujours d'accord entre eux ; et puis, s'il faut toujours avoir le dictionnaire à portée de la main pour écrire sans faute, autant en rester à l'orthographe traditionnelle...

En remplaçant th par t, ph par f, on perd les références étymologiques
Pas le moins du monde. Quand on dit que dans "orthographe" on retrouve les racines grecques orthos et graphein, on dira que dans "ortografe" on retrouve les racines grecques ortos et grafein, tout simplement. Certes le grec a deux lettres t, τ (tau) qu'on transcrit t, et θ (theta) qu'on transcrit th, mais le grec a aussi 2 lettres o (ω omega et ο omicron) et on les écrit toutes les deux o (chlore = omega, dialogue = omicron), et il a aussi 2 lettres e (η eta et ε epsilon) qu'on écrit é dans déca- et dans démo-, et ça ne choque personne... Quant à la lettre grecque φ (phi) on se demande bien pourquoi on la transcrit ph et pas f, alors qu'il n'y a évidemment aucun autre f en grec